Beurk…

     Vu hier après-midi à un carrefour. Les feux passent au rouge. A côté de mon taxi (vous vous souvenez : le trajet a été long long long… ce qui fait que j’ai eu le temps de bien regarder autour de moi), une voiture. Le passager ouvre sa fenêtre et crache. Le crachat tombe pour moitié sur la chaussée, pour moitié sur la portière. Qu’à cela ne tienne : le passager passe son coude le long de la portière. Ni vu ni connu : crachat séché…

     Beurk…

     Ici, on crache… C’est culturel….

     Le chinois crache par terre… Rien à voir avec le crachat isolé, plus ou moins discret et solitaire qu’on peut croiser dans nos contrées européennes… Ici, tout le monde crache : hommes, femmes, enfants, vieux, jeunes, beaux, moches… Le gouvernement essaie d’endiguer un peu le flot de salive… mais tout le monde crache… C’est culturel, on vous dit…

     Et quand le chinois crache, il y met tout son coeur : il se racle bien bruyamment la gorge (il faut l’avoir entendu pour le croire), aspire avec les joues creusées, met les dents en position, se penche en avant, genoux légèrement fléchis, et, plus qu’il ne crache, laisse s’écouler le fruit de tout ces efforts… Plus qu’un crachat, c’est une lente dégoulinade… Culturel, on vous dit…

     Et pourquoi culturel ? Parce que la médecine traditionnelle chinoise préconise l’élimination immédiate de toute substance interne gênante, garder à l’intérieur de soi ce qui demande à en sortir pouvant créer des disfonctionnements du corps…  Se nettoyer les poumons et cracher est donc une question d’hygiène… ce qui complique un peu la tâche du gouvernement chinois qui tente de faire perdre cette habitude aux populations urbaines…

     Et s’il ne faut rien garder à l’intérieur de soi, Zami lecteur… ça veut dire crachats en public… mais ça veut dire aussi rots et pets… Je garde ça pour un prochain billet du blog de notre nouvelle vie à nous à Pékin…

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4 réponses à “Beurk…

  1. tsingoni 13 octobre 2010 à 13 h 13 min

    Oh, mais on s’habitue à tout!et vu d’en face, nous sommes des porcs…

    • petitelouiseericetkarine 14 octobre 2010 à 22 h 34 min

      On s’habitue, tu dis ??? Pas sûre… pas aux crachats…
      Bien sûr que nous sommes des porcs pour ceux d’en face… Ils ont sans doute raison… mais, à notre décharge (!), on ne partage pas trop les miasmes avec les copains… Cela dit, c’est peut-être le début de l’individualisme, que de garder ses miasmes pour soi !
      T’embrasse

  2. Magnin ;Michelle 14 octobre 2010 à 15 h 01 min

    suis entrée par hasard dans ce blog- Tsingoni n’y est pas étranger- je me régale! Ainsi le culturel fait son tour du monde et reste un éternel questionnement pour le voisin d’en face …… En l’an de grâce 1991 lors d’un périple dans l’Empire du Milieu un petit gaulois blond s’essayait à l’acquisition de certaines des habitudes de ce grand pays ,probablement dans le but de s’acculturer mais , dommage pour lui , ses gaulois de parents mirent rapidement un terme à ses élans ……il n’eut droit ..plus tard , qu’à sa culture gauloise …….pourtant sa blondeur et ses efforts ravissaient les voisins chinois !
    Moralité ,même , en tout innocence , on ne s’approprie facilement ce qui appartient aux autres ,est-ce dommage? de toute façon cela alimente les conversations !

    • petitelouiseericetkarine 14 octobre 2010 à 22 h 32 min

      Bienvenue, Michelle !
      C’est tout à fait ça : à défaut d’une vraie réponse, on trouve de vrais sujets de discussion, dans ces confrontations à l’autre !

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