y’a plus de saison, ma bonne dame…

     L’année de Pékin a la particularité d’avoir des saisons intermédiaires qui durent entre un et dix jours… C’est l’été, on est en terrasse… le lendemain, on a tous des vestes et on préfère l’intérieur à la terrasse : c’est l’automne… dix jours plus tard, quinze au mieux, on a tous des bonnets, des gants et, tout bientôt, des collants sous nos pantalons… L’hiver est là…

     Il y a une quinzaine de jours, c’était l’automne… Petite Louise et moi en profitions pour faire notre traditionnel tableau d’automne…

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     … c’est maintenant l’hiver… Le tableau de l’hiver n’est pas encore DSC_0413au programme (à vrai dire, j’en suis encore à me demander à quoi il pourrait bien ressembler, notre tableau de l’hiver)… mais on a adapté la décoration de la maison à la saison… Et, pour la première fois, Louise a vraiment participé (et même anticipé puisqu’elle a commencé, dès la mi-novembre, à réclamer un sapin avec des lumières qui brillent)…

     Vous retrouvez ici, pour les plus fidèles d’entre vous, une partie des merdouilles déjà présentes l’année dernières (que nous avons toutes réemployées, bien sûr, à l’exception des guirlandes électriques dont certains se souviennent sans doute que l’une d’elles avait manqué de mettre le feu à la maison)…

     Et, Taobao aidant, nous sommes heureux de vous présenter de nouveaux venus dans notre univers de Noël :

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… on rigole bien, sur Taobao, hein ?

     Et qui dit décembre et Noël dit bûche de Noël… un peu en avance sur l’heure, on a profité de la venue de Maya, LA grande copine Petite Louise, pour se lancer dans un premier essai dont nous ne sommes pas peu fières (en particulier pour ce qui est des sapins en pâte à sucre)…

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     Leçon du jour : ne jamais dire jamais…

     Qui aurait dit que je m’amuserais un jour derrière un fourneau ?

     Qui aurait dit qu’il aurait un jour des allures de blog culinaire, le blog de notre nouvelle vie à nous à Pékin ?

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Rhhhhaaaa…

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     Sans autre commentaire…

     Pour les anciennement de Hong Kong et quelques autres initiés… qui auront compris le drame que traverse aujourd’hui notre nouvelle vie à nous à Pékin…

   

Je taobaote, moi, Madame…

     Des papotages d’expats d’ici comme on peut en surprendre de nombreux…

– J’aime bien ton sac/manteau/matelas/frigo/stylo/vélo/escabeau !

– Merci !

– Tu l’as payé combien ? (ça, c’est un grand truc d’expat’… toujours parler d’argent, de prix, de combien… c’est super agaçant, mais c’est aussi absolument impossible à éviter… j’y reviendrai… une autre fois…)

– XX rmb…

– Hallucinant ! T’es trop fort(e) en négo !!!! (oui, l’expat’ a le verbe plat et l’enthousiasme facile)…

– (Un ton plus bas… ton entendu aussi… ) Taobao…

     Tout est dit…

     Nous y voilà donc… Taobao…

     Taobao…

     Vous faites comme vous voulez… mais si vous n’habitez pas en Chine, vous pouvez peut-être vous passer de la lecture de ce qui suit… parce que ce qui suit risque de vous faire beaucoup de peine… de mettre le doigt sur LE truc qui manque à vos vies et dont vous ignorez encore qu’il manquait à vos vies…

     Pour faire simple, Taobao, c’est le Ebay local. Un Ebay avec très peu d’occasions quand même… et un Ebay où tous les coups seraient permis, toutes les copies autorisées…

     Taobao, c’est le marché chinois sans le temps perdu en marchandages.

     Encore que… depuis quelques temps, je m’amuse à négocier les prix… Ce n’est pas très concluant pour l’heure même si, régulièrement, j’arrive à me faire offrir les frais de port…

     Et Taobao, c’est presque aussi rapide que d’acheter dans une boutique “en vrai” puisque le vendeur est tenu de poster le colis dans les 24h00 qui suivent le règlement de la commande. Concrètement, selon le lieu où se trouve le vendeur (parce qu’on peut même commander à des vendeurs situés en France !), le colis met entre 48h00 et 6 jours à nous parvenir… N’est-ce pas le bonheur ? Pour la petite histoire, Mickael-le-chauffeur m’a mise en garde contre le danger de laisser les livreurs venir jusqu’à notre porte : l’un d’entre eux a récemment défrayé la chronique pour avoir assassiné une femme à laquelle il livrait beaucoup de colis, persuadé de trouver chez elle des fortunes et bien déçu, au-delà du fait qu’il s’est bêtement fait prendre aussitôt, de n’y découvrir que des fausses Rolex-que-si-tu-ne-l’as-pas-avant-40-ans-ta-vie-est-un-fiasco et autres chaussures en plastique à deux francs six sous… Du coup, sur les conseils de Mickael-le-chauffeur, assez attachée à la vie pour refuser de la perdre aussi bêtement, j’ai demandé au management de la résidence de garder les colis qui me sont livrés. Ce qui me vaut de m’entendre dire, à chaque fois (ou presque) que je mets le nez dehors, : “Ba G ? You kai di !” (“le 8 G ? Il y a un colis !”, “8G” étant le numéro de notre appartement). La fréquence à laquelle la scène se reproduit, et l’enthousiasme qui, à chaque fois, est mien, fait bien rire les surveillants qui sont devenus mes copains du “kai di”…

     Alors on commande quoi, sur Taobao ? On commande tout et n’importe quoi… pour ce qui nous concerne, en vrac, et depuis un peu plus d’un mois que mon compte existe : des vêtements pour mes filles, des pulls pour moi, une veste coupe-vent-polaire, des chaussures, des albums photos , l’ensemble des décorations dont on avait orné la maison pour Halloween (voir ), un escabeau (il fallait bien les accrocher, ces décorations d’Halloween), des décorations de Noël (tout bientôt en photos, bien sûr !), des bandeaux pour DSC_2294mettre autour des têtes de nos filles (et ça ne fait pas toujours rire Alice Meimei), un petit costume de Mère Noël pour Petite Louise, un calendrier à l’effigie du Petit Prince pour l’année à venir, les cartes de voeux qui vous n’allez pas tarder à recevoir, des cartouches pour notre imprimante, des mètres de tissus de toutes sortes pour le jour où, c’est sûr, j’aurai le temps et l’envie de m’asseoir devant ma machine à coudre (qu’il faut d’ailleurs que je change pour un modèle plus performant que j’espère bien trouver sur Taobao), des moules en silicone pour faire encore des tas de gâteaux… ou pour remplir les placards de moules en silicone, des emporte-pièces pour décorer joliment mes futurs gâteaux (ou pour remplir les placards d’emporte-pièces), et un porte-bébé TRES ressemblant au nôtre, pour un jour où nous pourrions avoir besoin d’en avoir deux… et je viens de découvrir un vendeur qui propose livres et magazines français (à suivre : pour l’instant, je ne vois aucun prix, ce qui n’est jamais bon signe, même de ce côté-ci du monde)…

     La seule limite de Taobao, pour les achats comme pour les négociations, c’est la langue… Parce que Taobao, c’est en chinois. Et uniquement en chinois… ce qui complique un peu les choses. Forcément. Alors on fait comment ? D’abord, et c’est l’étape la plus délicate, il faut se lancer pour créer un compte et mémoriser son adresse et ses coordonnées bancaires… J’avoue : je n’ai rien eu à faire et c’est une gentille collègue de Monsieur qui s’y est collée… Josepha, si tu me lis… mais tu sais déjà que tu as changé ma vie… Ensuite, on apprend à faire des recherches sans rien comprendre aux caractères… la méthode la plus simple consiste à taper, en lettres, le nom d’une marque qui propose le produit que l’on cherche… Avec un peu de chance, on peut trouver son bonheur comme ça… Sinon, il suffit de sélectionner un résultat approchant, de copier le titre de l’annonce, d’aller le traduire sur Google translate (Bill, si tu me lis… toi aussi, tu as changé ma vie…), de repérer les caractères correspondants aux mots que l’on cherchaient, de les copier, et de relancer une recherche sur Taobao grâce à eux… Comment ça, je ne suis pas claire ? Si je cherche une paire de collants pour Louise, par exemple, je tape “Catimini” en pensant bien que je vais trouver des articles qui puissent m’aller… je tombe, notamment, sur cette page (en passant… parce que Taobao c’est quand même la Chine… les collants qui apparaissent sont de la marque “Deux par deux”, pas de la marque recherchée….) :

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     … je traduis, le titre de l’annonce, ce qui me donne : “Comme aux États-Unis États-série chaussettes collants belle huitième alinéa” (sic !)… et je repère, dans Google translate, les caractères correspondants au mot “collants” : 连裤袜

     … et je retourne sur Taobao où je peux affiner ma recherche en ajoutant “连裤袜” à la marque précédemment recherchée… où je peux aussi élargir ma recherche en supprimant la marque en question…

     … un monde de possibilités en quelque sorte…

     Mais le vrai plaisir de Taobao, c’est de se laisser perdre dans les annonces qui apparaissent sur les côtés de la page quand on fait une recherche… ces annonces qui pourraient éventuellement nous intéresser et qui, d’annonces en annonces, nous mènent à des trésors comme ce très élégant parapluie à la tentation duquel je n’ai pas encore cédé :

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… ou ce bonnet avec gants intégrés à la tentation duquel je ne céderai pas…

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     Et pour la petite anecdote… parce qu’évidemment, tout cela ne vaut que pour la petite anecdote… Il y a quelques temps de ça, j’ai décidé de m’offrir la paire de chaussures que voici :

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… là où l’affaire se corse (sauf le respect que je dois aux habitants de l’île, bien entendu), c’est quand il faut choisir la couleur… Je veux les roses. Mais Google translate ne me propose pas “rose”. Ce qui me paraît le plus approchant, c’est “or rouge”… mais quand même, j’ai un doute… alors je demande à Ayi-l’ayi… et ça lui prend bien cinq minutes, montre en main, pour déchiffrer la page en question et m’indiquer une case que Google traduit par “Lure violet”… Ah ? Ayi-l’ayi est formelle les caractères traduits par “or rouge” correspondent au modèle marron… Je clique donc sur “Lure violet” et puis, au moment de payer, j’ai de nouveau un doute… Evidemment qu’elle connaît mieux le chinois que moi, Ayi-l’ayi ! Evidemment que je ne sais pas lire les caractères… mais j’ai un doute… alors je modifie la couleur et choisis “or rouge”. Pour qui je me prends, moi ? Tant pis. Je ne m’en prendrai qu’à moi si la couleur ne me convient pas.

     Et les chaussures arrivent.

     Roses.

     Drôle de pays, non ?

     Drôle de pays dans lequel les habitants ne maîtrisent pas suffisamment l’écrit de leur langue pour pouvoir commander une paire de chaussures de la bonne couleur…

     Drôle de pays, que ce pays de notre nouvelle vie à nous à Pékin…

Fière… tellement fière… trois fois fière…

     Lundi… cours de crabes… vous connaissez la chanson…

     Sauf qu’aujourd’hui, j’ai eu droit à deux “hen hao” (très bien) ! Quand on connait mon “laoshi”, on comprend qu’il y a de quoi être fière…

     Et voilà l’objet du délice (comme d’habitude : l’original, celui du maître, en premier puis le mien)…

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     … en même temps, il me faut être tout à fait honnête… “Hen hao”, c’est pour les deux arbres situés sur les extrémités… pour ceux du milieu, on était loin du “hen hao”… plutôt en plein “bu hao” (pas bien)… faut dire qu’ils ont quand même peu fière allure…

     Deux “hen hao” quand même…

     Alors très fière de moi…

     Pour la petite histoire… parce que tout cela ne vaut, bien évidemment, que pour la petite histoire… Ca fait quelques temps déjà qu’on a laissé tomber les crabes, “laoshi” et moi… qu’on dessine des arbres… et, toute urbaine que j’ai pu devenir durant les dernières années, j’ai bien remarqué qu’il y avait différentes sortes d’arbres dans nos peintures… sauf que je suis nulle de chez nulle en reconnaissance de végétaux. De minéraux aussi, soit dit en passant. Mais de végétaux puisque c’est de végétaux dont on parle. Pas foutue de distinguer un arbre sacré chinois d’un autre arbre sacré chinois. Nulle mais pas orgueilleuse pour deux sous (quoiqu’un peu menteuse sur ce coup-là), j’avoue aujourd’hui mon ignorance au “laoshi”… et lui demande s’il peut m’écrire le nom des arbres qu’on a dessinés ensemble, en caractères chinois, histoire que je puisse chercher dans une bonne application de traduction… Eh bien “laoshi”, il n’en sait rien ! Et il s’en fout, “laoshi” ! Et j’ai bien vu à son regard que c’était la première fois qu’on lui faisait un coup pareil… comme si la peinture devait figurer…

     Pour la petite histoire encore… Ca fait quelques temps maintenant que nous nous fréquentons, “laoshi” et moi, et il n’a de cesse d’insister sur le rythme de la peinture chinoise… ça se traduit, au moment où je dessine, par des interventions de “laoshi” qui me reprend parce que mes gestes, mon dessin, ne sont pas suffisamment rythmés… Et, depuis ce matin, quand  “laoshi” me reprend, il chantonne et tape du doigt, sur le bord de la table, un rythme auquel il voudrait bien que je revienne… Vous pensez bien que ça m’a donné des idées : je lui ai proposé qu’on mette de le musique. Il aurait fallu pouvoir immortaliser “laoshi” au moment où il m’entend formuler ce qui a semblé lui paraître la proposition la plus fantasque/abrutie/déplacée qu’on lui ait faite… On laisse tomber ma proposition…

     Voilà pour ma première fierté…

     La deuxième fierté, c’est parce que Louise et moi avons fait un gâteau pour l’anniversaire d’Ayi-l’ayi et que, portée par l’élan des cupcakes d’Halloween, j’ai décidé de faire glaçage fantaisie… C’est une première fois… et on sait bien que les premières fois sont rarement les meilleures…

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     … alors je suis pleine d’indulgence pour moi…

     Voilà pour la deuxième fierté du jour…

     Trois fois fière, c’est parce que fière d’Alice Meimei aussi…

     Alice Meimei, un peu moins de 70 cm au garrot… pas tout à fait 8 mois et demi d’existence… qui réussit ce matin à se tenir sur ses deux jambes en prenant appui sur la table basse de la salle à manger… qui passe ensuite la journée debout et pleure à chaudes larmes quand il faut s’assoir pour faire des trucs aussi inintéressants que manger ou enfiler son pyjama…

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     Très fière. Forcément…

     Et un petit message tout exprès pour notre copain Davy : parviendras-tu à distinguer, sur la photo suivante, ce qui attire tant Alice Meimei qu’elle arrive, pour la première fois, à se tenir debout ?

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     Tu vois, Davy, il y a quand même des invariants de notre ancienne vie à nous à Hong Kong à notre nouvelle vie à nous à Pékin…

 

     Nous sommes jeudi… et ce billet, rédigé lundi, est publié aujourd’hui seulement (merci la censure chinoise !)… et ce billet est déjà dépassé puisque j’ai gagné, ce matin même, une nouvelle raison d’être fière d’Alice Meimei : une troisième dent, obtenue à force de patience et de douleur !

Aujourd’hui, c’est lundi…

     … Aujourd’hui, c’est lundi et le lundi, ici, c’est :

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… Ca vous avait manqué, hein ?

Peinture du haut : laoshe… peinture du bas : moi… mais ne nous emballons pas, laoshe est intervenu pour les feuilles des bambous qui étaient du grand n’importe quoi avant lui…

     Aujourd’hui, lundi, c’est cours de crabe…

     Et j’ai eu droit à un petit cadeau :

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… un livre de laoshe !!!

… Avec laoshe en quatrième de couverture…

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     Il est gentil, mon laoshe, non ?

     Le cadeau, vous croyez que c’est pour m’encourager à essayer encore et encore ? Ou bien parce que je suis une excellente élève pleine d’application qu’il entend récompenser même si pas super douée ?

     …?

     Ca ne peut quand même pas avoir à voir avec le fait que les cours de laoshe viennent d’augmenter de 50% d’un coup ? Ce serait une drôle de déception en ce lundi matin de notre nouvelle vie à nous à Pékin…

Happy Halloween…

     On ne le fêtait pas en France mais depuis Hong Kong, Lang Kwai Fung et ses défilés de déguisements stupéfiants, on est devenus assez fans de la célébration d’Halloween…

     Halloween, donc…

     Et, comme toujours avec nous, impossible de faire les choses en un temps… On a toujours plusieurs sessions… l’anniversaire de Louise a duré presque un mois, Halloween a duré une petite semaine…

     Il y a tout d’abord eu une petite fête dans notre résidence où nous sommes allés dimanche dernier… Evidemment, pas question de ne pas se grimer un peu. Toutes… Et d’une famille “petits fantôme” !

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     Et puis il y a eu, mardi soir et mercredi matin, la décoration de la maison…

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… avec des trucs qui font “super peur” (merci TaoBao dont il faut VRAIMENT que je vous parle plus longuement) et d’autres qui font beaucoup moins peur…

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     Et puis le petit goûter d’Halloween avec les copains-copines, hier après-midi… Hier après-midi… vous sentez la culpabilité qui me fait tenir désormais le blog à jour presque en temps réel ?

     Petite préparation pour les poulettes…

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     … au programme, des jeux entre enfants, des discussions entre maman, des jus de fruits, du café et quelques gâteaux confectionnés tout spéscialement avec l’aide de Petite Louise… des “cupcakes” parce qu’on est comme ça, nous… on fait dans la fashion-gastronomie.. et, une fois n’est pas coutume, suis plutôt fière de l’allure de mes gâteaux…

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     N’est-ce pas qu’on rigole bien, les jours d’Halloween, dans notre nouvelle vie à nous à Pékin…

 

Honte à moi

     Il y a déjà eu des périodes de silence sur le blog, mais là, ça dépasse tout ce qu’on avait connu… pas de billet depuis le jour de la rentrée des classes… pas de billet depuis le 4 septembre.. Heureusement que je suis rappelé à l’ordre régulièrement ! Merci, en passant, à ceux qui m’ont rappelé à l’ordre, en particulier à Nathalie dont le message m’a beaucoup beaucoup beaucoup touchée (très touchant de se dire que quelqu’un, que l’on ne connait pas, nous connait un peu et s’inquiète pour nous… vraiment très touchant)…

     Des nouvelles de nous depuis le 4 septembre donc…

     Louise va toujours à l’école. C’est une bonne nouvelle, non ? Il y a bien eu un matin ou deux où le moment de monter dans le bus était un peu difficile mais, dans l’ensemble, elle est enchantée… elle apprend, elle progresse, elle change à vue d’oeil…

     Comme on est ici, et que ça se fait beaucoup ici, Louise a des activités extra-scolaires… Danse au lycée français et Kung Fu dans une école privée. La danse… “danse traditionnelle chinoise et danse classique”… Première séance bien passée même si Louise, qui est la seule enfant de trois ans au milieu d’enfants de 4 et 5 ans, ne fait strictement rien si ce n’est observer autour d’elle (ce qui n’est d’ailleurs pas, à proprement parler, “ne rien faire”)… Deuxième séance idem… troisième séance, ce sont des pleurs et des pleurs… Si bien que jeDSC_1528_thumb1 finis par entrer dans la salle (la prof’ préfère que les parents attendent à l’extérieur) et l’extraire du cours. Elle est un peu fiévreuse. Mettons… Quatrième séance mardi dernier… pleurs de nouveau… qui ne cessent pas… si bien que je finis par entrer dans la salle, avec l’accord du professeur… Louise cesse de pleurer quand je suis là. Sauf que Louise ne veut danser que si je danse… Qui a fait l’escargot, le cheval au galop et le petit papillon une heure durant avec les copains-copines de maternelle ?

     Pfff….

     Le Kung Fu, ça se passe beaucoup plus facilement. Trois séances pour le moment où DSC_1480_thumb2elle s’amuse comme une folle ! Bien fatiguée en fin de séance, après une heure passée à courir, à sauter, à marcher sur des plots, à faire des roulades, à apprendre à esquiver les coups (!), Petite Louise ! Rien à redire… Il faut dire que Louise a son propre “chefu” (maître) puisqu’elle est trop petite pour les cours collectifs… et que je la soupçonne d’avoir un sacré coup de coeur pour son “chefu”. On peut la comprendre : avoir un coup de coeur pour un enseignant, c’est arrivé aux meilleurs d’entre nous, non ?… et puis il est bien joli, le “chefu” de Louise !

     Louise va bien, je crois. Louise est Louise. Avec de plus en plus de force.

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     Alice Meimei aussi va bien. Mieux, d’ailleurs, après une semaine difficile marquée par l’apparition de deuxDSC_2144_thumb2 dents. Autant les choses se faisaient apparemment en douceur pour Louise, autant Alice souffre : quatre jours de fièvre, de diarrhée, de vomissements, de joues rouge vif, de brusques réveils nocturnes pour l’arrivée, enfin, d’une première toute petite dent, le 14 de ce mois ! La deuxième a eu une arrivée plus discrète puisque les mêmes symptômes n’ont duré qu’un jour complet. Courage, Alice Meimei ! Plus que trente !

     Et puis ça vaut le coup de souffrir : les dents, c’est aussi l’accès au contenu des assiettes des grands… et ça, Alice a bien hâte de le découvrir, si j’en juge à la façon dont elle se contorsionne pour essayer d’attraper ce qui, sur la table, est à sa portée… mais pour l’instant, c’est purées et compotes maison (rhhhaaaa… Babycook, mon ami…) deux fois par jour et tétées le reste du temps…

     Et l’on ne peut parler bébé sans parler mesures… poids et longueur… On misait beaucoup sur Alice Meimei pour être un bébé patapouf, un gros bébé comme on en rêve… On avait un peu raté notre coup avec Petite Louise qui était toute menue mais Alice Meimei, avec sa corpulence un peu plus importante à la naissance nous remplissait d’espoirs… et on était contents : ça DSC_2060_thumb2se voyait à l’oeil nu qu’elle était plus grande et plus grosse que sa soeur… Ca se voyait tellement, qu’on l’appelait un peu patapouf (ça sent les six ans d’analyse à l’adolescence, ça, hein ?)… Ca se voyait tellement que je suis tombée des nues en apprenant, lors de la dernière visite médicale, qu’Alice Meimei mesure 5 mm de plus que Louise au même âge (waaaaaoooowww !) et pèse… 100 grammes de moins ! Tu parles d’une patapouf !

     Alice Meimei va bien et, jour après jour, confirme ce dont nous nous doutons depuis sa naissance : elle est un vrai bébé bonheur, tout en sourires et en rires, une force tranquille sereine et inflexible, avec DSC_1786_thumb2parfois de gros chagrins qui font le visage tout triste avant que la bouche ne laisse sortir le cri… Tellement toute en sourires et en rires, Alice Meimei, qu’il suffit, dans les moments de grande complicité, de la regarder pour qu’elle rie de contentement ! Un vrai bébé bonheur que j’emmène partout avec moi tant elle est agréable et facile à gérer (le mode d’emploi est bien simple : si Alice pleure, c’est qu’elle a mal, qu’elle a faim ou qu’elle a sommeil… sinon, Alice joue, regarde, sourit).

     Alice Meimei va bien et elle commence à nous raconter plein de trucs que l’on ne comprend pas très bien. Pour une raison que je ne parviens pas à m’expliquer, Alice Meimei a débuté dans le monde du mot par “papapapapapa”, montrant par là même qu’elle n’avait guère, petite ingrate, de reconnaissance pour le sein nourricier…

     Alice Meimei va bien… Petite Louise va bien… Nous allons bien..

     Entre ces deux poulettes, notre quotidien s’organise… La routine… Louise prend le “buSScolaire” (à prononcer d’une traite) pour aller à l’école, part le matin, un peu avant 8h00 et rentre tous les jours à 15h30, sauf elle nous rejoint pour le déjeuner, vers 12h30. Je profite des matinées pour me consacrer à Alice Meimei… On se promène, on joue, on s’occupe des courses à faire. Et puis, deux ou trois fois par DSC_1526_thumb2semaine, le temps pour moi d’aller fréquenter un peu la salle de sports, Alice profite de sa nouvelle Ayi-l’ayi, avec qui les choses se passent tout à fait bien (même si, approche du huitième mois aidant, Alice a un peu de mal en ce moment à me voir disparaitre de son champ de vision, ce qui veut dire que mes départs peuvent parfois s’accompagner de quelques pleurs qui ne durent jamais assez longtemps pour me laisser le temps de m’engouffrer l’ascenseur). On se voit beaucoup moins après midi, Alice et moi.. Il y a tout d’abord la sieste, qui dure entre une et trois heures (mais pas souvent trois heures, hein ?) et puis l’arrivée de Louise-la-tornade qui réclame de l’attention, de l’attention, de l’attention.. Alors Alice passe en mode “observation”… Se réjouit des rires de sa sœur, s’étonne de ses pleurs, s’inquiète de ses cris ou de ses sauts.. Et c’est, après le goûter, le moment du “défoulement”, des jeux en extérieur ou bien, si la pollution ou le temps nous y contraignent, des jeux d’intérieur, activités manuelles, ou goûter chez les copines.. Et puis le fameux “rush hour” qui fait bien rire quand on n’a pas d’enfants et qu’on entend les mamans en parler. Qui fait moins rire quand on est un parent-maintenant et qu’on s’y colle : soins quotidiens, bain de l’une et de l’autre, repas, dents à laver, couches à mettre ou changer, petit câlin et au lit ! Alice Meimei se couche systématiquement à 19h30. Louise autour de 20h00 quand nous sommes toutes les trois, 20h30 quand Eric rentre à la maison et que nous l’attendons pour dîner…

     Réglée comme du papier à musique, notre vie !

     Et puis, pour rompre la routine, des évènements extra-ordinaires…

     Des vacances en Thaïlande pour commencer. Nous avons profité de la Golden week pour aller (re)faire un tour du côté de HuaHin, au sud de Bangkok, là où nous avions été pour le nouvel an chinois 2011… Rien n’avait changé sinon le nom de l’hôtel, devenu Novotel après avoir été Courtyard by Marriott..

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…Rien n’avait changé… sinon Louise…

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     … Formidable séjour… Saison des pluies, ce qui voulait dire une belle averse quotidienne, des trombes d’eau qui s’abattent durant un moment allant de quelques minutes à deux heures, du soleil et des températures idéales le reste du temps… Ce qui voulait dire aussi un taux de fréquentation extrêmement bas… un hôtel pour nous seuls ou presque… Formidable séjour, entre la salle de restaurant (où nous dinions souvent seuls, ce qui faisaient de DSC_1697_thumb1nos poulettes les stars de la soirée), la piscine et la salle de jeux… Nous ne quittions l’hôtel que de temps à autres, à la nuit tombée, pour aller manger à l’extérieur… et une fois de jour, parce que Louise voulait voir des éléphants, et que nous avons donc été assister à un (très mauvais) spectacle qui lui a fait bien plaisir… Des journées égocentrées le reste du temps… A ne rien faire sinon profiter de voir Alice explorer et Louise s’amuser…

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     Et Louise, pour s’amuser, elle s’est amusée… une piscine, une Louise, et l’amusement est quasi garanti… Louise plonge, Louise entre dans l’eau, Louise ressort de l’eau, Louise “nage”, Louise coule… et c’est comme ça que Louise réussit durant ces vacances, pour la première fois, à “nager” un peu sans flotteur ! La preuve en images qui bougent :

(CQFD : “les enfants ne peuvent pas apprendre à nager avant six ans” relève du mythe urbain)…

     Piscine pour Louise et bords de piscine pour Alice Meimei qui a peut-être DSC_1937_thumb2un peu moins bien débuté les vacances que sa sœur parce que sa mère a eu la bonne idée de lui faire goûter de la pastèque dans l’avion et qu’elle a fait une petite réaction… pas grand chose.. de petites irritations.. qui se sont un peu infectées avec l’humidité et la chaleur ambiantes… Rien de bien grave mais rien de bien agréable non plus… Heureusement, Alice Meimei est Alice Meimei… Elle a grogné un peu… eu un air infiniment triste… et souri de toutes ses gencives…

     Et je me rends compte qu’Alice Meimei peut sembler, à me lire, d’une douceur déconcertante. Elle l’est. Mais pas seulement. Elle a aussi un petit caractère bien trempé… Têtue et entêtée, la poulette… si bien qu’elle parvenait, début septembre, à pas tout à fait six mois, à ramper sur presque un mètre pour aller à la rencontre d’un objet qui se dérobait ! Et qu’elle parvient, maintenant qu’elle a sept mois, à faire trois ou quatre “pas” en quatre pattes… Inflexible, c’est le mot qui me vient quand je pense à elle…

     Les vacances en Thaïlande comme évènement extra-ordinaire, donc…

     Et puis, presque davantage encore que les vacances (il faut avoir sacrément l’habitude de partir en vacances pour écrire des trucs pareils, hein ?), la grande aventure du mois a été… l’anniversaire de Petite Louise ! Les trois ans de Petite Louise !

     Une histoire en plusieurs étapes…

     Il y a d’abord eu le jour J, le 30 septembre, où nous étions à HuaDSC_1545_thumb1 Hin et où nous avons simplement fêté ça en offrant à Louise une bougie à souffler (sur un muffin du petit déjeuner) et un petit cadeau… Deuxième étape, le retour à Pékin, où l’attendaient des colis, des cadeaux venus de France… et, bien sûr, le “gros” cadeau de nous, que nous n’avions pu emporter en vacances… Troisième étape, l’organisation d’une fête avec les “copains-copines”… Louise a participé en m’aidant à faire les cartons d’invitations, DSC_2041_thumb1qu’elle a signés, et à préparer les “party bags” (les party bags… cela se fait et on le fait… avec plaisir même puisqu’on a transformé ça en grand projet avec Louise, puisque ça m’a donné l’occasion de flâner dans des boutiques que je n’avais jamais vraiment pris le temps de visiter jusque là, puisque, tout bêtement, on prend souvent du plaisir à faire ce que l’on a à faire pour peu qu’on mette un peu de coeur à l’ouvrage… mais il faudra un jour que l’on m’explique comment a pu naître cette habitude, à défaut d’être une tradition, selon laquelle la famille qui invite offre des cadeaux aux invités… parce que là, comme ça, ça me paraît quand même un peu étrange…).

     Pour ce premier anniversaire où Louise a vraiment conscience deDSC_2206_thumb2 ce qui se joue, nous avons voulu marquer un peu le coup… et c’est ainsi que les copains-copines se sont retrouvés, dimanche dernier, dans une grande salle de jeux du coin (une ancienne piscine vidée et transformée en salle de jeux), pour aider Louise à souffler les bougies de son beau et gros gâteau…

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     La salle de jeux, les “copains-copines”, la présence d’ayi Ma et ayi Tien, les ayis de la crèche où Louise allait l’année dernière, ayis adorées s’il en est, l’avalanche de cadeaux, le gâteau de conte de fées… Elle était vraiment contente, Petite Louise… Elle en a parlé le lendemain au réveil, de son anniversaire.. et un peu plus tard dans la matinée, pour savoir quand est-ce que l’on ferait un “encore le niversaire de Louise”…

     Et, comme si tout cela ne suffisait pas, une quatrième étape : encore des colis qui nous parviennent par la poste…

     Petite Louise ne déchante pas. Et, puisque Petite Louise ne déchante pas, nous non plus…

     Voilà pour les nouvelles de nous…

     Voilà pour la mise à jour tant retardée du blog…

     J’ai encore tant à vous dire… les déplacements de Monsieur qui s’enchainent… mes semaines de mère célibataire qui doit parfois, souvent, lutter contre l’envie de jeter l’enfant de trois ans par la fenêtre… et tiens, pourquoi pas, sa petite soeur qui se réveille trop tôt avec !… ma découverte de Taobao et de tout ce qui tourne autour de Taobao… mais je crois qu’il va falloir être raisonnable et garder ça pour une autre fois… histoire de vous donner peut-être envie de venir faire un tour à nouveau d’ici peu sur ce blog de notre nouvelle vie à nous à Pékin…

Comment ça, c’est un faux ?

     En attendant un “vrai” billet avec plein de nouvelles de nous tous, que je suis en train de rédiger mais qui prend un peu de temps à l’être pour cause de gros gros retard et de plein plein de trucs à raconter, une photo d’un DVD acheté récemment du côté de chez nous…

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     Il faut vraiment qu’on trouve le temps de le regarder parce que ce doit être quelque chose, quand même, ce film ou “l’auteur mene son affaire en virtuose martiant thesion et delicafesse”…

     Une copie, vous croyez ?

     Allons, allons.. pas de mauvais esprit ! Ce n’est pas forcément un faux sous prétexte qu’on l’a acheté dans le pays de notre nouvelle vie à nous à Pékin…

Quelle journée !

     Aujourd’hui, 4 septembre 2012, Petite Louise avait l’air joyeux du condamné, en quittant l’appartement… avec une version “je ne suis pas contente mais alors pas contente du tout”, pleine de menaces sous-entendues…

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… et une version “pourquoi me faire ça ? A moi ? Vous ?” pleine de tentative de culpabilisation…

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… il faut dire que ce matin, pour ceux qui l’ignorent encore, c’était la rentrée des classes… La rentrée à “l’école des grands” pour Petite Louise, c’est-à-dire là :

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… au Lycée Français de Pékin…

     La première rentrée des classes de notre premier enfant…

     Air joyeux du condamné au moment de quitter l’appartement, donc… mais la séance photos avec maman dans le hall de la résidence a un peu détendu l’atmosphère…

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     Une vingtaine de minutes de trajet plus tard, nous débarquions dans la cour…

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… où le jeu consistait à retrouver le nom de Petite Louise sur les listes de classes… le panneau “Petites Sections” a été facile à repérer…

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… pour le reste…  quand on a un nom de famille qui commence par Z… pas compliqué de trouver son nom dans la multitude pour peu que la multitude en question soit classée par ordre alphabétique…

     PS113 pour Petite Louise… avec “Maitresse Charlotte”… Au premier étage d’un bâtiment qui en comporte deux… à l’étage des “grands” puisque la “Petite Section” de Petite Louise se trouve à l’étage habituellement réservé aux Moyennes Sections (les grands, donc !)… Aussitôt repérée, aussitôt prise d’assaut, la classe en question…

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… “Maîtresse Charlotte” était là… On a salué Maîtresse Charlotte et elle nous a donné, à nous parents, un cahier de correspondance et des cartes d’autorisation d’accès au site de la maternelle, à avoir sur soi lorsque l’on vient chercher son enfant, nous a demandé de vérifier les renseignements qu’elle avait sur ses petites fiches… On en a profité pour préciser que Louise mangerait à la cantine dès aujourd’hui (alors que nous lui proposions, hier soir, de la récupérer à la fin de la matinée pour cette première rentrée de sa,- nous l’espérons-, longue carrière scolaire, notre fille avait émis le souhait de “manger à l’école des grands” et aussi de “faire dodo à l’école des grands”) mais ne prendrait pas la bus. Il sera toujours temps de découvrir le bus scolaire demain…

     Pendant ce temps-là, Petite Louise prenait possession des lieux…

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… et voilà… on avait fini notre “boulot” de parents… et on restait là, un peu plantés au milieu de la pièce avec un drôle d’air ballot… sans bien savoir si l’on devait partir ou rester… Comme la plupart des autres parents…

     C’est Petite Louise qui a décidé pour nous. Elle est venue nous voir pour nous dire “Au revoir”.

     Au revoir donc…

     Et nous voilà dehors…

     Libres pour une bonne partie de la journée… jusqu’à la fin des cours qui a lieu ici à 14h55…

     Direction l’appartement, pour récupérer Alice Meimei qui était restée avec notre toute nouvelle Ayi-l’ayi puis…

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… séance de pédicure pour Monsieur et de pédicure-manucure pour moi… Il faut bien l’occuper, cette belle journée de rentrée scolaire…

     Puis restaurant en terrasse (on est à la période où Pékin se fait douce)…

     Puis petite balade dans le quartier des ambassades…

     Puis retour à la maternelle… Les grilles s’ouvrent et s’engouffrent les parents, chacun prenant l’air détaché de celui qui n’est pas inquiet une seconde au sujet des capacités d’adaptation de son enfant et réfrénant une folle envie de courir jusqu’à la salle de classe où sa progéniture est peut-être en péril douloureux depuis le matin, de longues et atroces heures de larmes et de suppliques demeurées lettres mortes qui le marqueront à jamais et creuseront en lui/elle cette faille irréversible de celui qui a vu ses parents partir sans se retourner… Marée humaine dans les escaliers donc. Moi compris. Et tension palpable…

     Et voilà qu’au moment où je m’apprête, l’air détaché, à doubler une maman sur la droite, je croise ma fille, son petit cartable sur le dos, quittant le premier étage en compagnie d’une dizaine de petits copains, sacs sur le dos, sous l’oeil bienveillant d’une ayi-Atsem ! Euh… tu vas où ? Et Petite Louise de me jeter un rapide coup d’oeil, de me lancer quelque chose que je ne comprends pas et de continuer sa progression en sens inverse de la marée humaine… Evidemment, je lui emboite le pas. Comme je peux parce que marée humaine toujours. Nouveau pallier, j’en profite pour l’arrêter, physiquement, me mettre à sa hauteur et tenter de comprendre pour quelle étrange raison non seulement elle ne se jette pas dans mes bras, émue par nos retrouvailles, mais encore ne semble-t-elle pas avoir de temps à m’accorder… Et Petite Louise répète ce qu’elle m’a déjà dit…. Et je comprends ce qu’elle me dit et m’a déjà dit : “moi vais au bus scolaire”…

     Quelque chose comme un couac…

     Finalement, on est allées toutes les deux (avec notre ayi-Atsem référente et notre dizaine de petits copains/copines à sacs à dos) jusqu’à la salle où les enfants se rangent pour aller prendre le bus. On a vu comment ça fonctionnait. Et convenu que, puisque maman, papa et Alice étaient là il ne serait peut-être pas super judicieux de rentrer à la maison en bus… et qu’on pourrait, à la place, pourquoi pas, aller dévorer une énorme crêpe au sucre …

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… ou bien une gaufre “nutella-banane” pour papa… ou bien rien du tout pour maman qui se décide enfin à s’attaquer aux kilos superflus gagnés durant sa deuxième grossesse et consolidés par un été placé sous le signe du foie gras et de la pate à tartiner sus-nommée…

     On a eu un compte-rendu un peu succinct de la journée… des larmes, si l’on a bien tout compris, au moment de la sieste… plutôt contente quand même, Petite Louise qui a commencé à nous apprendre les comptines de Maîtresse Charlotte…

     Quant à savoir ce qui est le mieux, de “l’école des petits” (=la crèche) ou de “l’école des grands” (= la maternelle)… c’était, en cette après-midi de rentrée, l’école “des petits”… “Parce que l’école des grands a beaucoup de monde pour moi”…

     Et voilà dernière nous la première rentrée scolaire de notre premier enfant…

     Que l’école t’apporte autant de joies qu’elle m’en a apportées, Petite Louise… qu’elle t’apprenne à apprendre, à aimer apprendre et à vouloir apprendre encore et toujours… qu’elle te permette de te construire au-delà des schémas que tu connais déjà et au-delà des schémas que ceux qui t’entourent et qui t’aiment peuvent t’apporter… qu’elle soit le lieu aussi, parce que c’est aussi son rôle, de rencontres qui te soient importantes et te construisent, ou déconstruisent, à leur tour… Finalement, Petite Louise, ce que tu as pu ressentir aujourd’hui, parce que tu faisais ta rentrée dans une structure qui n’évoquait jusque là rien pour toi, c’est peut-être justement ce que je souhaite que l’école t’apporte au final : un regard sans cesse neuf et curieux sur tout et sur tous…  

     Bonne rentrée scolaire, Petite Louise…

     Et une nouvelle page se tourne dans notre nouvelle vie à nous à Pékin..

Air France, des méchants pas gentils ?

    Il y a un peu moins de cinq ans, je rédigeais l’un des premiers billets de mon premier blog, que j’intitulais “Air France, des méchants pas gentils” parce que j’avais été, purement et simplement, déclassée lors DU vol, de celui qui m’emmenait loin de France pour mes premiers pas en expatriation…

     Depuis, de l’eau a coulé sous les ponts, et j’ai pris d’autres avions. Souvent. Avec Air France ou avec d’autres. Et mes relations avec Air France ne se sont guère arrangés… conflictuelles pour le moins… et ceux qui me connaissent savent que je ne manque pas une occasion de dire à quel point le service sur cette compagnie que j’apprécie par ailleurs pour d’autres raisons (notamment pour ses plateaux repas qui sont, à mon gout, parmi les meilleurs) peut être décevant.

     Air France, des méchants pas gentils, donc…

     Il n’y a que les imbéciles qui ne reviennent jamais sur ce qu’ils ont dit… Je reviens sur ce que j’ai dit : il y a des équipages formidables, sur les vols Air France. Et c’est le cas des hôtesses et stewards qui officiaient sur mon vol retour…

     Petit retour en arrière… Le 1er juillet, départ de toute la petite famille pour la France… et un vol très mouvementé : des turbulences fréquentes qui deviennent si violentes que la distribution des repas est interrompue, que le personnel s’attache et s’adresse très sèchement à ceux qui tenteraient malgré tout de se lever et que l’avion doit dévier légèrement sa trajectoire… Crise d’angoisse pour moi… Respiration difficile et sac à vomi devant le nez pour essayer de me calmer… J’ai beau angoisser, je n’oublie pas que je suis une “maman-maintenant”, que je dois penser à mes filles. Pour l’exemple. Pour le sang-froid de leur mère. Et c’est pire… penser à mes petites toutes petites qui vont mourir elles aussi dans d’horribles souffrances, là, dans quelques minutes, dans quelques instants, maintenant ! C’est juste insupportable… A la respiration qui s’affole et aux sueurs froides s’ajoutent les larmes… Une passagère, deux rangs plus loin, se présente à Monsieur : elle est médecin, elle a des calmants sur elle, peut-être qu’elle peut m’en filer ? Donne, Madame ! Donne ! Et puis les turbulences s’arrêtent. Et le ridicule de la situation me saute aux yeux. Qui ne suffit pas à me permette de rester calme lorsque l’avion est de nouveau secoué…

     Et Monsieur de gérer Petite Louise et Alice Meimei…

     Ca, c’était pour l’aller…

     D’où l’angoisse durant tout le mois d’août, avant même l’avion, à l’idée de prendre l’avion seule adulte responsable de mes deux poulettes… (parce que oui, je suis de ces héroïnes des temps modernes qui traversent la moitié de la planète avec leur jolie marmaille sous le bras, sans l’aide de leurs Messieurs… et celui ou celle qui, ayant déjà voyagé seul/e avec deux enfants en bas âge, traversée de Roissy-Charles-de-Gaulle en courant, un enfant en porte-bébé et l’autre calé sur une valise à roulette, comprise, me trouve excessive me jette la première pierre…)…

     D’où l’idée de me présenter à l’équipage dès la montée dans l’avion de retour… Histoire de prévenir qu’en cas de turbulences je ne suis pas sûre de pouvoir garder mon calme… voire même sûre de ne pas pouvoir le garder… et comme seule adulte responsable de mes deux poulettes… euh, tu veux bien, Monsieur le steward, garder un oeil sur elles au cas où ?

     De deux choses l’une : ou bien le personnel d’Air France est remarquablement bien formé à la gestion des gens comme moi, ou bien je suis tombée sur l’équipage le plus sympa du siècle.

     Ou les deux ?

     Toujours est-il que tout le monde s’est employé à créer un environnement extrêmement sécurisant autour de moi… Chaque steward ou hôtesse passant à notre hauteur ayant un mot gentil, une attention… la chef de cabine venant se présenter à moi et me dire que tout allait bien se passer… Les uns et les autres se relayant, durant les courtes et faibles turbulences, pour venir vérifier que tout allait bien pour nous, pour nous expliquer un peu, pour me rassurer… Rassurants. Donc rassurée.

     Formidables, tous ces gens de chez Air France à qui nous avons eu à faire alors. Vraiment. Vraiment formidables.

     Avec une mention particulière pour “notre” steward, celui qui s’occupait de notre rangée, Jocelyn, qui a enchainé les mots gentils et les attentions touchantes, qui m’a tenu compagnie, m’a fait la conversation, m’a accompagnée…

     Jocelyn, si vous tombez un jour sur ces mots : merci. Merci de ce que vous avez fait pour moi et merci de la façon dont vous l’avez fait. Merci d’avoir adouci ainsi le voyage retour vers ce qui devrait être la dernière année de notre nouvelle vie à nous à Pékin…